Délégation ÎIe-de-France Sud
Centre national de la recherche scientifique

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Histoire de la délégation

publié le , mis à jour le

L’administration déléguée

Installé depuis1946 sur le campus de Gif-sur-Yvette, le CNRS s’est peu à peu organisé sur le territoire. Ainsi, dès 1969, l’entrée de l’organisme de recherche dans l’ère du « management de la recherche » a été annoncée par son directeur général, le physicien Hubert Curien.

Cette évolution inspirée des pratiques internationales – c’est-à-dire surtout anglo-saxonnes – doit permettre de faire face à son essor. En une trentaine d’années, le CNRS, qui regroupait à l’origine un millier d’employés essentiellement à Paris et en Île-de-France, est en effet devenu, avec près de 17 000 agents répartis sur tout le territoire et à l’étranger, le navire amiral de la recherche française. De plus, en inaugurant en 1966 le statut des laboratoires associés, précurseurs des unités mixtes de recherche, il s’est rapproché d’un nombre grandissant de formations universitaires – le campus d’Orsay, en particulier, se place à la pointe de cette politique d’association. Bon an mal an, les services centraux du CNRS ont suivi cette progression. Sa direction, installée quai Anatole France à Paris, s’est étoffée : d’abord assisté d’un adjoint, puis d’un second après la Libération, le directeur général est entouré depuis 1966 d’un collège de directeurs scientifiques couvrant tous les champs de recherche, des mathématiques aux sciences humaines et sociales, et d’un directeur administratif et financier. Afin de demeurer au plus près de ses laboratoires, le CNRS a aussi commencé à songer, au début des années 1970, à la désignation de représentants locaux de son administration. Ces derniers doivent, dans une logique de déconcentration, exercer leurs missions dans plusieurs régions scientifiques. Parmi elles, le sud-francilien figure bien sûr en première place.

En janvier 1973, Gilbert Morvan, l’administrateur délégué du CNRS à Gif-sur-Yvette, est l’un des premiers à prendre ses fonctions. Sa circonscription compte parmi les mieux dotées de France. Elle regroupe tous les laboratoires propres ou associés au CNRS autour de Saclay et d’Orsay – où vient d’être fondée en 1971 la nouvelle Université de Paris-Sud – ainsi que, bien sûr, les unités installées sur le campus propre de l’établissement. Là, l’administrateur peut compter sur des services généraux qui se sont renforcés depuis 1946 : un secrétariat, un service de comptabilité et un atelier central qui est en mesure d’intervenir dans tous les domaines, électricité, plomberie, mécanique, peinture, mais aussi ébénisterie ou soufflage de verre… et même fumisterie ! Il assure aussi la supervision des équipements communs, l’amphithéâtre, la cantine et le parc résidentiel où sont logés des personnels. Tandis que les directeurs continuent d’assumer la responsabilité de l’organisation et du fonctionnement de leurs unités, l’administrateur délégué vise en somme à répondre au mieux à leurs besoins, tout en jouant le rôle de courroie de transmission avec le siège du CNRS. Il « sera l’interlocuteur normal, pour les questions administratives, de toutes les formations de recherche », indique sa lettre de mission signée par Hubert Curien et par le directeur administratif et financier Pierre Creyssel. « Connaissant les réalités locales, appréciant mieux les difficultés et les besoins de chaque formation, il donnera à la gestion administrative une plus grande efficacité et une plus grande rapidité, aussi bien parce qu’il pourra résoudre des problèmes sur place que parce qu’il permettra à l’administration centrale d’en avoir une vue plus concrète ». Son arrivée à Gif-sur-Yvette, puis l’élargissement de ses missions dès 1976, marquent ainsi les premiers pas vers la création, deux décennies plus tard, de la délégation régionale Île-de-France Sud du CNRS.

La délégation régionale

Devant le succès de l’expérience pionnière des administrateurs délégués, et face aux nouveaux enjeux territoriaux nés dans les années 1980, le CNRS envisage d’élargir les missions et les prérogatives de ses représentants sur le terrain. Dès 1989, à l’initiative de son directeur général, le biologiste François Kourilsky, l’établissement organise un colloque sur « le CNRS et les régions : recherche nationale et dimension régionale ». Des propositions sont formulées, qui viennent nourrir une réflexion de toutes les instances de l’organisme sur son fonctionnement, et aboutissent à la fin de l’année à une réforme de son organisation. La création de délégations régionales est actée à cette occasion. Celle de Gif-sur-Yvette voit son périmètre fixé par François Kourilsky et son secrétaire général Jean-Marie Bertrand en mai 1990. Elle est appelée à couvrir tout le sud-francilien – soit quelques 130 unités de recherche, propres ou associées au CNRS, réparties principalement sur les campus de Gif-sur-Yvette, d’Orsay, de Saclay et de l’École polytechnique à Palaiseau. Comme l’administrateur délégué qu’il vient remplacer, le délégué régional pilote un ensemble de services de gestion et d’administration. Mais il dispose aussi de nouvelles attributions dans le domaine des relations extérieures, notamment du point de vue de la valorisation et du partenariat avec les entreprises, et se voit confier des responsabilités d’animation de la communauté scientifique et de coordination de ses activités. Surtout, il fait figure de représentant du CNRS auprès de l’ensemble des acteurs scientifiques et des collectivités territoriales. Louis Geldreich, ancien sous-directeur du centre de recherche sur la physico-chimie des surfaces solides de Mulhouse, est le premier à occuper cette fonction, devenue hautement stratégique, à Gif-sur-Yvette.

Membre de

Paris Saclay

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