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[Actualité scientifique] Transferts horizontaux à haute fréquence chez les papillons

[Actualité scientifique] Transferts horizontaux à haute fréquence chez les papillons

par Stéphanie Rigault - publié le , mis à jour le

La génétique porte par définition sur l’hérédité, la transmission des caractères entre parents et descendants. Un phénomène vient pourtant perturber cette conception verticale : l’ADN peut occasionnellement sauter entre différentes branches, parfois très éloignées, de l’arbre du vivant. A mesure que les données génomiques s’accumulent, il devient évident que ce phénomène touche non seulement les bactéries et les archées, où il était connu de longue date, mais également les eucaryotes, y compris les animaux, dont la lignée germinale était pourtant supposée étanche à tout matériel exogène.

A partir du séquençage en masse des éléments transposables au sein d’une communauté insulaire d’insectes, une étude récemment publiée dans la revue PLoS Genetics révèle une haute fréquence des évènements de transferts horizontaux d’ADN chez les papillons. Elle implique le laboratoire de Biométrie Et Biologie Évolutive (LBBE - CNRS/Université Claude Bernard/Vetagro Sup) à Lyon, le laboratoire d’Écologie et Biologie des Interactions (EBI – Université de Poitiers/CNRS) à Poitiers, et le laboratoire Évolution, Génomes, Comportement, Écologie (EGCE – Université paris-Sud/CNRS/IRD) de Gif sur Yvette.

Les éléments transposables (des segments d’ADN qui envahissent les populations en produisant des copies d’eux-mêmes au sein des génomes) sont évidemment les candidats numéro 1 au transfert horizontal : leur mobilité inhérente au sein des génomes pourraient-elle les rendre invasifs à plus grande échelle ? En effet, les démonstrations de transfert horizontaux d’éléments transposables s’accumulent à grande vitesse ; l’heure est maintenant à quantifier et comprendre les mécanismes moléculaires et écologiques de ce phénomène plus qu’à en démontrer l’existence.

Voir en ligne : Lire l’article sur le site de l’INEE