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[Fait marquant] - L'effet de hammam : quand l'océan chaud bouleverse les prévisions atmosphériques

[Fait marquant] - L’effet de hammam : quand l’océan chaud bouleverse les prévisions atmosphériques

par Stéphanie Rigault - publié le

L’atmosphère est un système chaotique, ce qui limite la prévisibilité du temps à quelques dizaines de jours. Le changement climatique en cours peut-il altérer cette limite en facilitant ou entravant la prévision météorologique ? À l’aide d’une approche mathématique innovante, une équipe européenne a découvert qu’un océan plus chaud de 4°C, à l’image d’un hammam, modifierait significativement les propriétés chaotiques de l’atmosphère, en facilitant les prévisions météorologiques. Est-ce une bonne nouvelle ? Pas vraiment, car les régimes de temps (alternances de perturbations et de temps stable) seraient profondément altérés et que ces modifications pourraient être le premier symptôme d’un dérèglement majeur.

Les effets des émissions anthropiques sur le climat sont indéniables. Si le réchauffement de la planète est étudié depuis longtemps, les modifications éventuelles de la circulation atmosphérique induites par les gaz à effet de serre restent un champ d’étude très ouvert pour les scientifiques. Elles reposent sur les propriétés de l’atmosphère dont la dynamique obéit aux lois du chaos : les prévisions météorologiques sont inévitablement vouées à l’échec après une dizaine de jours car sensibles aux petites perturbations des conditions initiales. C’est pourquoi, une équipe européenne de chercheurs s’est demandée si le changement climatique en cours pouvait faciliter ou compliquer la prévision météorologique en bouleversant le chaos atmosphérique.

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont analysé les données de pression atmosphérique au niveau de la mer dans la région de l’Atlantique Nord pour la période 1850-2100. Cette variable est en effet un traceur de la circulation atmosphérique aux moyennes latitudes et présente l’avantage d’être mesurée depuis longtemps. Cette étude inclut de longues séries d’observations ainsi que les modèles climatiques du GIEC. Les chercheurs ont ainsi pu étudier la cohérence des changements de prévisibilité entre les modèles et les observations pour la période historique et étudier les effets dans le futur de différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

© Davide Faranda, LSCE

Voir en ligne : Lire l’article sur le site de l’INSU