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[Brève scientifique] - Découverte d'un nouveau mécanisme d'apprentissage social chez l'abeille

[Brève scientifique] - Découverte d’un nouveau mécanisme d’apprentissage social chez l’abeille

par Stéphanie Rigault - publié le

Alors que les abeilles domestiques, comme d’autres insectes sociaux, dépendent de manière critique de la transmission sociale de l’information pour réussir leur recherche de nourriture et parvenir à un bon fonctionnement de leurs colonies, un nouveau mécanisme d’apprentissage social vient d’être découvert. En réalisant des analyses comportementales et des enregistrements des mouvements antennaires des abeilles, une équipe du laboratoire Evolution, Génomes, Comportement et Ecologie (EGCE – CNRS/ Université Paris Sud/ IRD) dirigée par JC Sandoz a montré qu’un simple contact social par les antennes agit comme un renforcement appétitif.

Publiée dans la revue Current Biology, cette étude montre qu’une odeur qui n’a initialement aucun effet sur le comportement des abeilles se met à déclencher une réponse appétitive d’extension des pièces buccales lorsqu’elle est associée à ce contact social. Ce renforcement social est susceptible de faciliter l’exploitation des ressources par les abeilles, mais aussi d’autres groupes sociaux.

Les abeilles domestiques, comme d’autres insectes sociaux, dépendent de manière critique de la transmission sociale de l’information pour réussir leur recherche de nourriture et parvenir à un bon fonctionnement de leurs colonies. Ainsi, à leur retour à la ruche d’un vol de butinage, les abeilles communiquent à leurs congénères des informations sur la source de nourriture butinée. Ces informations portent sur son emplacement par la réalisation d’une danse frétillante (découverte par Karl von Frisch, Prix Nobel de Physiologie ou Médecine 1973), tandis que sa nature est renseignée par l’odeur de la plante visitée qu’elles portent sur leurs corps et par le nectar distribué par un échange de nourriture appelé trophallaxie. Ainsi informées, d’autres abeilles vont alors quitter la ruche pour aller butiner cette plante, sans passer de temps à chercher d’autres ressources, optimisant ainsi fortement la récolte de nourriture de la colonie. Pendant longtemps, on a considéré que l’échange de nectar sucré par trophallaxie était nécessaire pour informer les abeilles de la ruche quant à l’odeur de la source, les abeilles apprenant une association odeur-renforcement alimentaire. Cependant, récemment des chercheurs ont observé que ce n’était pas forcément le cas, et qu’un simple contact corporel entre les butineuses pouvait être suffisant. Mais alors quelle est la nature précise du mécanisme impliqué ? La réponse à cette question vient d’être apportée par des analyses comportementales réalisées par le laboratoire Evolution, Génomes, Comportement et Ecologie (EGCE – CNRS/ Université Paris Sud/ IRD) couplées à des enregistrements des mouvements antennaires des abeilles.

© E. Tourneret

Voir en ligne : Lire l’article sur le site de l’INEE