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[Communiqué de presse diffusé par l'INRA] - La biomasse aérienne de la végétation de la zone tropicale n'a plus d'impact positif sur le stockage du carbone

[Communiqué de presse diffusé par l’INRA] - La biomasse aérienne de la végétation de la zone tropicale n’a plus d’impact positif sur le stockage du carbone

par Stéphanie Rigault - publié le

Des chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES sont parvenus à quantifier - au cours de la période 2010-2017 - l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse végétale aérienne au niveau de la zone des tropiques (Amérique, Afrique, Asie). Résultat majeur et inédit : sur la période étudiée, les stocks de carbone de la biomasse aérienne produits dans les régions tropicales sont compensés par les pertes liées à la déforestation ou au dépérissement liés à l’impact du climat (notamment du fait d’épisodes El Niño). Ces régions tropicales, autrefois puits de carbone dans la biomasse aérienne, deviennent globalement neutres. Elles pourraient même devenir une source de carbone atmosphérique dans un proche avenir, accélérant ainsi le réchauffement global. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Plants le 29 juillet 2019.

Comment les stocks de carbone changent-ils dans la biomasse de la végétation à l’échelle de la planète ? Quels facteurs expliquent ces changements ? Ce sont des questions centrales pour les sciences du climat et pour l’application des accords internationaux pour le climat. Les chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES en collaboration avec l’Université de Copenhague et de Nanjing, et de nombreux instituts de recherche internationaux ont publié en 2018 la mise au point d’une nouvelle approche permettant d’apporter une dimension temporelle à des cartes globales mais statiques de la biomasse aérienne de la végétation, qui avait déjà été produite sur la seule zone africaine.

Les travaux publiés aujourd’hui vont plus loin et analysent l’évolution observée des stocks de carbone dans la biomasse aérienne de la végétation de l’ensemble de la zone tropicale. L’étude met ainsi en avant la forte corrélation entre les variations de ces stocks et les variations de la concentration atmosphérique en CO2 de l’atmosphère, confirmant le rôle central de la biomasse végétale des écosystèmes tropicaux dans le cycle du carbone à l’échelle planétaire.

Le résultat majeur à retenir est la quasi-neutralité des forêts des tropiques dans le bilan de carbone, compte tenu de la déforestation, documentée pour la première fois avec des données d’observations directes et quantitatives de la biomasse aérienne.

© Inra

Voir en ligne : Lire l’article sur le site du CNRS