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Ils ont fait briller la recherche en Île de France Sud

Ils ont fait briller la recherche en Île de France Sud

publié le , mis à jour le

Le mardi 19 novembre 2019, dans le cadre de la Cérémonie des Talents CNRS 2019 en Île-de-France Sud, le CNRS a décerné la médaille d’argent et la médaille de bronze à sept chercheur.es issu.es de la communauté scientifique de Paris-Saclay, pour avoir fait progresser la connaissance et être utiles à la société tout entière.

Ils ont fait briller le CNRS, il les a récompensés. Dans la salle du conservatoire à rayonnement départemental de Paris-Saclay, la cérémonie mettait à l’honneur les nouveaux médaillés du CNRS en Île-de-France Sud. Leurs équipes de recherche, leurs familles et les 170 invités étaient réunis pour célébrer ensemble leur carrière scientifique remarquable. D’argent ou de bronze, la médaille reçue est une reconnaissance de leur travail. Rassemblés dans un édifice consacré aux prouesses artistiques, c’est bien la science qui rayonnait ce soir-là.

Michel Bournat, président de la Communauté d’agglomération de Paris-Saclay, a ouvert la cérémonie, évoquant l’histoire du CNRS en Île-de-France Sud et l’origine de son implantation. Marie-Hélène Papillon, Déléguée régionale du CNRS, a adressé de chaleureux remerciements au lauréats, ainsi qu’à leurs équipes, mettant en avant ces personnes qui constituent la force de la recherche française.
Puis ce fut au tour des sept médaillés de fouler la scène. Ruxanda Gref, chercheuse en chimie-physique, Satya Majumdar, chercheur en physique théorique, Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en climatologie, Marie-Claire Schanne-Klein, chercheuse en biophotonique et Marie-Hélène Schune, chercheuse en physique des particules, ont été récompensés de la médaille d’argent du CNRS. Les médailles de bronze ont ensuite été remises pour féliciter l’excellence des premières recherches prometteuses des chercheurs de la circonscription. Petya Violinova Krasteva, chercheuse en microbiologie, et Anna Simoni, chercheuse en économie, en sont les deux jeunes représentantes en Île-de-France Sud.

La diversité des domaines scientifiques représentés par les lauréats témoigne de la richesse des talents de la recherche en Île-de-France Sud.

« La science remplace du visible compliqué par de l’invisible simple »
- Jean Perrin

Portraits des Talents

Ruxandra Gref – médaille d’argent

Les travaux de Ruxandra Gref portent sur la construction de « cages » nanométriques permettant une absorption optimisée de médicaments. Dans cette « cage », le médicament est protégé des dégradations jusqu’à atteindre sa cible, qui peut être un pathogène situé au sein même des cellules. Parallèlement à cela, elle et son équipe cherchent à développer une nanoparticule qui en plus de pouvoir former une « cage », serait un moyen de lutte direct contre la maladie. Cette nanoparticule non toxique permettrait de diminuer la probabilité d’infection de l’organisme jusqu’à un facteur 5. Ces travaux trouvent des applications dans la lutte contre certains pathogènes mais aussi de lutte contre le cancer.

Ruxandra Gref, directrice de recherche CNRS en chimie-physique à l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay (ISMMO – CNRS/Université Paris-Sud)

Satyanarayan Majumdar – médaille d’argent

Satyanarayan Majumdar travaille dans le domaine de la physique statistique des systèmes complexes. Cette discipline cherche à étudier la manière dont des parties élémentaires d’un système macroscopique influent sur son comportement. Plus particulièrement, le chercheur s’intéresse à ces problématiques appliquées aux événements extrêmes. Tremblements de terre, typhons, tsunamis : ces événements sont le résultat de fluctuations de grande ampleur que la statistique permet de décrypter. Dans ce but, il a étudié des modèles mathématiques fondamentaux de processus aléatoires. Ces modèles permettent de prédire l’amplitude de ces événements avec une grande précision statistique.

Satyaranayan Majumdar , directeur de recherche CNRS en physique théorique au Laboratoire de physique théorique et modèles statistiques (LPTMS – CNRS/Université Paris-Sud)

Valérie Masson-Delmotte – médaille d’argent

Valérie Masson-Delmotte est chercheure en sciences du climat. Elle utilise des méthodes physiques pour connaître les variations passées du climat. Les couches successives de glace qui se sont accumulées pendant des milliers d’années capturent cette signature qu’on qualifie d’isotopique. Les arbres l’enregistrent également dans la cellulose de leur tronc. Par ces différents indices, il est possible de caractériser et de quantifier les variations passées du climat et du cycle de l’eau. Par exemple il est possible de quantifier les changements entre périodes glaciaires et interglaciaires des derniers 800 000 ans, en réponse aux variations de la trajectoire de la Terre autour du Soleil. Les connaissances sur les climats passés mettent en évidence le caractère inédit et brutal de la perturbation du climat par les activités humaines. En 2015, la chercheuse a été élue co-présidente du groupe de travail « Bases physiques du changement climatique » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche CEA en climatologie au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE - Université Versailles Saint-Quentin/CNRS/CEA)

Marie-Claire Schanne-Klein – médaille d’argent

Marie-Claire Schanne-Klein chercheure en biophotonique : elle utilise des techniques optiques pour étudier des tissus biologiques. Elle travaille sur le collagène, une protéine présente à l’extérieur des cellules et responsable de l’architecture des organes chez les mammifères. On le retrouve notamment dans la cornée et le derme, et c’est son organisation qui est responsable de leurs différences. Le but de la chercheure est de comprendre comment est contrôlée cette organisation et quel est le lien précis entre cette structure et la fonction du tissu. Pour répondre à ces questions, elle développe une technique d’imagerie optique qui permet de visualiser la protéine en trois dimensions et sans marquage, avec une résolution micrométrique. Cette approche multi échelle du collagène devrait notamment permettre de mieux comprendre toutes les pathologies impliquant une réorganisation du collagène et de mieux les diagnostiquer.

Marie-Claire Schanne-Klein , directrice de recherche CNRS en biophotonique au Laboratoire d’optique et biosciences (LOB – CNRS/École Polytechnique/Inserm)

Marie-Hélène Schune – médaille d’argent

Marie-Hélène Schune est directrice de recherche en physique des particules. Durant sa thèse, elle a démontré que le modèle standard compte exactement trois catégories de particules. Par la suite, elle a étudié le comportement des quarks b, mettant en évidence pour la première fois une différence de comportement avec son antiparticule, comme le permettent les conclusions de sa thèse, mais qui n’est pas cohérent avec le Modèle Standard. Ces résultats se situent en plein cœur du paradoxe actuel de la physique des particules : la théorie prédominante a permis d’expliquer les résultats d’un grand nombre d’expériences et de prédire précisément une grande variété de phénomènes, mais ne répond pas à certaines questions fondamentales. La démarche des recherches Marie-Hélène Schune consiste à mesurer des phénomènes non prédits par la théorie.

Marie-Hélène Schune , directrice de recherche CNRS en physique des particules au Laboratoire de l’accélérateur linéaire d’Orsay (LAL – Université Paris-Sud/CNRS)

Anna Simoni – médaille de bronze

Anna Simoni est chercheuse en économie. Ses recherches visent à créer un algorithme capable de choisir les données les plus pertinentes à analyser pour évaluer l’état de l’économie à l’instant présent. Cette évaluation étant très complexe, même dans un passé très proche, les statistiques officielles ne sont disponibles qu’avec du retard. Or, en période de crise, plus vite l’impact de celle-ci est évalué, meilleure s’en trouve la réponse politique.
Pour évaluer l’impact des choix politiques sur l’économie, il est possible d’exploiter les données issues des recherches faites sur Google. La quantité d’informations étant beaucoup trop grande, il est extrêmement difficile de les inclure dans un modèle statistique. L’algorithme sur lequel Anna Simoni travaille permettrait de rendre ces données plus facilement exploitables.

Anna Simoni , chargée de recherche CNRS en économie au Centre de recherche en économie et statistique (CNRS/École Polytechnique/Groupe des écoles nationales économie et statistiques)

Petya Violinova Krasteva – médaille de bronze

Petya Violinova Krasteva, chercheuse en microbiologie et biologie structurale s’intéresse aux communautés bactériennes qui forment des biofilms bactériens. La formation de ces biofilms est une des causes majeures du développement d’infections chroniques et de résistances aux antibiotiques dans la phase aigüe de certaines infections. La chercheuse tente d’étudier les récepteurs de la protéine c-di-GMP, d’où partent plusieurs chaines signalisation qui aboutissent à la formation de ces biofilms. Les systèmes étudiés sont des macro complexes protéiques, des « nano-usines », qui fournissent le conduit physique, la protection et l’énergie nécessaire pour la synthèse et sécrétion du biofilm à travers la double membrane bactérienne.

Petya Violinova Krasteva , chargée de recherche CNRS en microbiologie et biologie structurale à l’Institut de biologie intégrative de la cellule (I2BC – CNRS/Université Paris-Sud/CEA)

Crédit photographique : Laurent Ardhuin pour le CNRS