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Histoire du domaine de Gif .... avant le CNRS

publié le , mis à jour le

L’histoire du domaine du domaine de Gif-sur-Yvette - château du Button – débute en 1230, date où le titre de « Seigneur de Gif »apparaît pour la première fois, dans un document officiel, en référence à un certaine « Dame Isabelle ». Il semblerait ainsi que le bourg et la seigneurie se soient développés en parallèle de l’implantation de l’abbaye bénédictine Notre-Dame du Val de Gif, au XIIème siècle. L’histoire de Gif est ensuite marquée par la famille Villetain, qui est propriétaire de la seigneurie pendant plus de 300 ans, à partir de la fin du XVIe siècle.

Cependant, pour cause de dettes, le domaine est saisi en 1657, les dernières heritiers de la famille Villetain sont contraint de partir et Pierre II de Mérault devient « vicomte hérédital de Châteaufort ». Son ascension correspond à celle des conseillers et secrétaires du Roi. Il procède à de spectaculaires concentrations de seigneuries, dépossédant au passage de vieilles familles comme les Villetain. Le château est alors composé de trois corps de logis : le « grand », puis celui qui est « au-dessus de la chapelle » et enfin les bâtiments d’exploitation qui comprennent grange à foin et à blé, vacherie, écurie, bergerie, poulailler, porcherie… Derrière la chapelle s’ordonnent un premier jardin, un potager, un fruitier et un autre jardin appelé « le Canal ».

Plan Terrier de Gif-sur-Yvette
Plan Terrier de Gif-sur-Yvette
Terrier de la famille Debonnaire
Archives minicipales de Gif-sur-Yvette

Claude de Mérault, héritier en 1754 du domaine, va jouer un rôle décisif dans son histoire. Lieutenant du roi au gouvernement du comté de Bourgogne, il décide, en 1757, de construire le château actuel. Claude Mérault désire « un château classique et vaste » avec un parc « ordonnancé, des pièces d’eau, des perspectives », plus adapté aux besoins du temps que le logis seigneurial des Villetain. Sa conception est confiée à Pierre Desmaisons, architecte du roi et membre de l’Académie royale d’architecture à partir de 1762. La tradition familiale rapporte que le dessin du parc à la française, avec ses pièces d’eau et perspectives, est l’œuvre de Pillet, « digne successeur de Le Nôtre », mais dont on connaît bien peu de choses. Cependant, Claude Mérault meurt l’année même du commencement des travaux, en 1757. C’est à son parent par alliance, Pierre-Charles Débonnaire, procureur au Grand conseil, doyen des administrateurs de l’Hôpital général, seigneur de Marcé et baron de forges, que revient le domaine et qui poursuit les travaux qui s’achèvent en 1771. La construction, élégante, présente une façade de quarante mètres ; elle est complétée par un jardin à la française. Le nouvel ensemble harmonieux et architecturé vient donc remplacer l’ancienne maison seigneuriale probablement détruite peu de temps après, à la fin du siècle, comme la chapelle.

Les Débonnaire passent sans grande difficulté la Révolution. En effet, ils bénéficient de la confiance des habitants, reconnaissant de la générosité des seigneurs à leurs égards. Cette entente se concrétise en 1800, lorsque Marie-Charles-Louis devient maire, et se prolonge lorsque son fils Louis-Marie le devient aussi. Louis-Marie, amateur d’horticulture, enrichit le domaine familial, notamment en entreprend des travaux de nivellement, d’irrigation et d’assainissement et en plantant de nombreux espèces arboricole.

Château de Gif
Château de Gif
Château de Gif (Seine-et-Oise). Carte postale colorisée. A. Bourdier, imprimeur-éditeur, Versaille. 1906.
Archives minicipales de Gif-sur-Yvette

Avec la Deuxième République et le suffrage universel, un nouveau personnage s’impose : Ernest Samuel Henri Bourlon de Sarty, maître des requêtes au conseil d’État. Il acquiert le domaine en 1834, pour la somme de 220 000 francs, lui qui possédait déjà les vestiges de l’ancienne abbaye Notre-Dame du Val de Gif. Il est maire de Gif de 1848 à sa mort, en 1867. La famille Débonnaire, désormais installée au château de l’Hermitage. Durant la fin du XIXe siècle et le début du XXe, plusieurs propriétaires se succèdent et agrandissent le domaine autour du château : Louis Amable Juigné achéte le château en 1869, puis les époux Aubry en 1897.

Enfin, Le 6 juillet 1912, Édouard Noëtzlin achète le château, ses dépendances et son parc, pour une superficie qui s’élève désormais à 67 hectares. Le nouveau châtelain, président de la Banque de Paris et des Pays-Bas, aspire au repos et au calme. Il fait agrandir la demeure et y apporte tout le confort moderne. Édouard Noëtzlin séjourne à Gif de mai à la Toussaint : une vie familiale, simple, loin de toute mondanité, s’y organise. À son décès en 1935, sa compagne hérite du domaine, et le conserve jusqu’à la Libération : à ce moment-là, son fils Jacques, passionné de sciences la convainc de le céder au nouvel organisme de recherche qui a vu le jour au tout début de la Deuxième Guerre mondiale : le Centre national de la recherche scientifique…

Edouard Noetzlin et Henriette Noetzlin à Gif
Edouard Noetzlin et Henriette Noetzlin à Gif
Edouard Noetzlin et Henriette Noetzlin, épouse de Jacques, dans le parc du château (s.d.)
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Paris Saclay

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